LA TENDINITE DANS LE SPORT

La tendinite est une inflammation du tendon.
L’inflammation est une réaction de défense immunitaire stéréotypée de l’organisme face à une agression.

De façon générale, à la suite d’une agression constituée par une blessure, une infection ou un traumatisme sportif, chirurgical, il se crée dans l’organisme une réaction de défense.

L’inflammation se manifeste par quatre signes

1. Rubor = rougeur
2. Calor = chaleur
3. Tumor = gonflement (œdème)
4. Dolor = douleur

Il faut distinguer la tendinite de la simple souffrance du tendon « tendinopathie ». Les tendons les plus exposés dans les suites mécaniques du sport sont par exemple :

– la cheville(achilléen)
– le genou (rotulien)
– la hanche, l’aine(pubalgie)
– le poignet (radial et cubital)
– le coude (tennis elbow ou épicondyalgie)
– l’épaule (coiffe des rotateurs)

Le tendon est un tissu conjonctif particulier formant l’extrémité du muscle et permettant son insertion sur le périoste (surface de l’os). On distingue des longs, des courts ainsi que des insertions brèves :

– Le long chef du biceps brachial de l’épaule
– Le court supinateur du coude
– Les digitations des muscles pectoraux sur le sternum.

La notion d’excès

Dans une situation anatomique saine, c’est-à-dire réunissant à la fois une position correcte de l’articulation, du muscle et de son tendon, les conditions optimales à l’exercice du geste sportif son réunies. Il est également nécessaire que l’organisme anatomique et métabolique dans son ensemble soit sain. De plus, la mise en place d’un programme adapté à l’individu concerné (du débutant à l’avancé) est nécessaire. Cela comprend l’alimentation, le programme d’entraînement avec sa progression, le matériel utilisé.
Nous avons droit à l’imperfection sinon à quoi peut servir le sport chez l’amateur. En présence d’une pathologie mécanique (scoliose), neurophysiologique(épilepsie), métabolique(diabète), le sport est non seulement possible mais nécessaire.
La notion d’excès repose sur l’inadaptation de l’effort. Trop souvent l’expression « faux mouvement » semble justifier l’apparition d’une douleur à la suite d’un geste sportif. Il s’agit en réalité de l’inadaptation du geste aux capacités réelles. Le sport est une éducation physique. Il s’agit en cela de découvrir ses capacités, de mesurer ses limites tout en essayant de progresser pour les repousser. Les conseils de professionnels, le suivi et l’entraînement régulier progressif sont les garants d’une bonne pratique.

Le Tendon : cible privilégiée ?

A l’instar du muscle, le tendon en est son prolongement et de ce fait c’est lui qui transmet la force de traction à l’os. C’est également lui qui dans sa transmission des forces fait office de tampon adaptatif. Il est rare de faire une inflammation du muscle (myosite) alors que le tendon (tendinite) est plus fréquemment enflammé.
L’insertionite concerne le lieu d’insertion osseuse du tendon. La fibre musculaire constituée de divers éléments (actine et myosine) est richement vascularisée, alors que le tendon constitué de fibres conjonctives différenciées est irrigué différemment.

La mauvaise conduite de l’effort, l’inadéquation articulaire (mauvaise position de travail), le manque de progression, la déshydratation, l’alimentation inadaptée, le déséquilibre en vitamine et oligoéléments pour ne citer qu’eux ; contribuent à la surcharge du tendon.
Je limite cette liste, non exhaustive, au cadre sportif sans oublier toutes les pathologies métaboliques et physiologiques possibles.

Conclusion

Le sport offre l’opportunité d’être à l’écoute de son corps, de mieux se connaître. La pratique du bon geste sportif demande de l’attention, de la patience et de la persévérance. Il s’agit d’être à l’écoute des signes précurseurs pour éviter la pathologie tendineuse qui se manifeste bien souvent tardivement (heures/jours).

Article écrit par Luc Latapie, Ostéopathe ASO-SVO